Des logiciels libres pour Android

La parenté avec le noyau Linux pourrait faire croire que l’écosystème Android est lui aussi basé sur des licences logicielles libres. Il n’en est rien ou presque.

Bien que ce ne soit pas un argument de vente, la licence logicielle qui régit le noyau Linux, et donc par extension d’Android qui y prend sa source, est une licence open source. De la même manière que l’on dispose du code source d’une distribution GNU/Linux, le code source d’Android est disponible (http://source.android.com) sous licence Apache 2. Sans en être la raison principale, cet accès au code est néanmoins un critère retenu par les constructeurs dans l’adoption d’Android. Pour être plus précis, le critère principal est qu’au tournant de l’année 2008, Android était alors le seul système d’exploitation capable de rivaliser avec iOS. Comme il était gratuit, Samsung, HTC, et autres auraient eu tort de se priver et on ainsi pu se lancer rapidement dans la guerre du smartphone.
Reste qu’une question revient : si le code source du système d’exploitation est disponible, en est-il de même pour les applications ? Non, absolument pas. Les applications disponibles sur le Google Play Store sont ultra-majoritairement propriétaire et pour plus d’un tiers payantes. Remarquez, avoir le code source d’une application n’intéresse que les développeurs et ce n’est pas parce que le code est « libre » que l’application doit nécessairement être « gratuite ». L’avantage de posséder le code est de pouvoir faire évoluer un logiciel plus rapidement autour d’une communauté (le noyau Linux ou Android en sont de parfait exemples).

Les logiciels de F-Droid

Inspiré par les utilisateurs de Linux et de tous les logiciels libres, il existe toutefois une communauté du libre sous Android : F-Droid (http://f-droid.org). Ce site propose un magasin d’applications, un Play Store, uniquement composé de logiciels répondant à la norme FOSS (Free and Open Source Software). Les personnes qui gèrent ce site ne sont pas de développeurs, ils s’occupent simplement de maintenir à jour le catalogue de logiciels répondant à leurs critères ainsi que le logiciel nécessaire pour installer les applications. Si vous prenez le temps d’installer le logiciel, vous verrez que l’offre pour être un « utilisateur libre » est vraiment congru : tout au plus 600 applications prennent place dans F-Droid à ce jour. Les applications qui sont réunies par F-Droid se trouvent toutes (à une ou deux exceptions près) sur Play Store.

La liste des applications disponibles dans F-Droid

La liste des applications disponibles dans F-Droid

Reste qu’il existe une bonne raison d’installer F-Droid : savoir si vous utilisez déjà des logiciels FOSS. Une fois l’application installée et lancée, elle scanne les applications qui sont installées sur votre appareil et elle indique les logiciels open source. Pour naviguer dans les logiciels proposés, il faudra le faire par catégorie. Intéressant, le nom des licences utilisées par les logiciels est spécifiée : GPL, GPLv3, Apache2, MIT, etc. L’utilisation de F-Droid permet de savoir que Firefox, Orbot, Adblock, K-9 Mail, Wikipedia, ConnectBot, et bien d’autres sont des logiciels FOSS. Car au delà d’un simple aspect juridique, utiliser des logiciels libres c’est aussi une certaine philosophie.

Les applications FOSS déjà installées

Les applications FOSS déjà installées

Le projet Replicant

D’autres, développeurs de leur état, sont allés plus loin en essayant de développer un système d’exploitation 100 % libre dérivé d’Android. Car un smartphone avec Android est loin d’être composé de logiciels libres. Si le cœur du système est sous licence Apache, ce n’est pas le cas des logiciels de Google (Gmail, Gtalk, Agenda, Play Store, YouTube, Maps, etc.). On ne parle même pas des surcouches de type TouchWiz ou HTCsense ni des applications des constructeurs et autres opérateurs téléphoniques. Mais là où l’équipe de Replicant (http://replicant.us) fait fort, et aussi là où se trouve le principal blocage, c’est vouloir remplacer les drivers propriétaires qui sont partout (pour faire fonctionner le Wi-Fi, l’appareil photo, etc.). Un travail complexe qui rend compatible Replicant avec très peu d’appareils. C’est aussi pour cette raison que le projet se base depuis la version 2.2 sur CyanogenMod plutôt que sur Android. Cyanogen travaille déjà sur des drivers pour faire fonctionner certaines de leur propre ROM. Si l’absence des logiciels Google cités ci-dessus pose déjà un problème, le plus gros problème est que les seules applications que l'on peut installer sont celles issues du dépôt F-Droid. Enfin, sachez que si vous souhaitez devenir un hacker et installez Replicant sur votre mobile, les modèles elligibles sont peu nombreux : Nexus S, Galaxy S & S2 et Galaxy Nexus (pour ne citer que les modèles récents). Un projet ambitieux qui hélas ne reçoit guère de soutien de l’industrie peu soucieuse des questions de licences.

1 comment for “Des logiciels libres pour Android

  1. Tepa25
    31/01/2015 at 18:43

    Merci pour cette veille technique qui intéressent les passionnés des logiciels libres. Pour ma part, j'attends avec impatience le jour où je pourrai installer un OS libre sur mon tél. portable, comme je le fais sur mon ordi. portable.
    Courage et patience, cela viendra.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Apprenez comment les données de vos commentaires sont utilisées.